La Bible, reçue et lue comme un " livre sacré ", est considérée par les croyants comme naturellement " inspirée " par Dieu.
Comment Dieu a-t-il inspiré les Ecritures ? De façon directe ? Sous le mode de la dictée ? On perçoit la difficulté à concevoir cette inspiration et son mode divin, si l'on tient compte de la variété des modes d'expressions dans l'Ancien et le Nouveau Testament et du nombre des auteurs " inspirés " qui s'échelonnent sur une dizaine de siècles.
Traditionnellement et le plus souvent, cette notion d'inspiration est appliquée aux Ecritures ou à la Bible en tant qu'elles constituent un " canon ", un ensemble régulé et officialisé par les Eglises. Or, d'une Eglise à l'autre, de l'Orient à l'Occident, chez les orthodoxes, les catholiques et les protestants, ce canon varie. Le débat sur l'Inspiration est donc difficilement séparable du débat sur la Canonicité.
De plus, depuis cinq ou six siècles, la critique exégétique est venue mettre en question la " réception d'Ecritures inspirées ", telle qu'elle était entendue et pratiquée depuis le début de l'ère chrétienne.
Que devenait la traditionnelle inspiration des Ecritures plus ou moins évidemment acceptée ? Les mots avaient-ils toujours le même sens, selon qu'ils étaient utilisés dans la Bible elle-même, par les Pères de l'Eglise, dans le cadre de la catéchèse, voire de la théologie, et par les exégètes oe
Ces questions sont redevenues cruciales depuis un peu plus d'un siècle. Elles sont importantes, non seulement pour la lecture de la Bible et son intelligence, mais pour son statut dans le christianisme comme dans la pratique des chrétiens.