Louvrage se propose danalyser les ½uvres de trois réalisateurs, Alain Resnais, Jean-Luc Godard et Federico Fellini, sous langle de la mélancolie. Celle-ci imprègne leurs films au niveau de la narration, des situations qui pèsent sur les personnages de la « fatigue de vivre » qui accable Michel Poiccard dans À bout de souffle au « dégoût de soi » quéprouve Marcello dans La Dolce Vita?; errances, vagabondage, vide intérieur, transformation spectrale du monde, évanouissement progressif des choses et des êtres dans Roma ou Muriel. Mais il sagit aussi de montrer que dans ces films, la blessure et la douleur «?mélancoliques?» travaillent leurs modes décriture : travellings interminables, jeux de miroirs, fragmentation du récit, répétitions en boucle des situations, désespérées ou grotesques, dont lunivers du cirque et son folklore absurde offrent la métaphore.La fracture serait alors au c½ur des images?; elle gagne leurs agencements, leur fabrique, leurs entrecroisements contradictoires, labyrinthiques. La mélancolie dun Godard, dun Resnais, dun Fellini serait celle dun cinéma en exil à lintérieur de lui-même, dans un espace où il se perd et tente sans cesse de se ressaisir.