L'habitat autoconstruit en bord de mer apparaît en Basse-Normandie dans la seconde moitié du XIXe siècle, en même temps que la pratique des bains de mer. Il se développe surtout durant l'entre-deux-guerres alors que s'impose une idéologie prônant les loisirs de plein air que viendra symboliser l'année 1936. Les propriétaires sont alors des commerçants, des artisans qui résident dans les bourgs voisins. Ce n'est qu'à partir des années cinquante qu'une population plus modeste investira le littoral avec ces modestes constructions. Aujourd'hui ne subsistent que quelques îlots ayant échappé à la destruction ou à l'intégration, tels que le site de la Pointe du Siège à Ouistreham ou celui localisé sur la commune de Géfosse-Fontenay. D'autres, comme ceux situés à Saint-Côme-de-Fresné ou à Ravenoville, se trouvent dans une période de transition. Suite à leur intégration, les caractéristiques de ce bâti et mode d'habiter - modestie des dimensions et des matériaux, inventivité dans l'aménagement et fantaisie dans la décoration, rapport privilégié avec la nature - s'y estompent peu à peu au profit des attributs plus communs des constructions modernes standardisées. Ce sixième titre de la collection «Les Carnets d'ici» explore un aspect quelque peu méconnu et singulier de la villégiature balnéaire en Basse-Normandie. Il aborde des questions aussi diverses que le jugement esthétique, l'accès à l'espace littoral et sa gestion, les représentations parfois divergentes que les uns et les autres peuvent se faire de la nature en général et de ce milieu en particulier. Mais il constitue aussi une belle escapade autour de l'évocation du temps des vacances, des souvenirs et rêves d'enfance, du charme du bord de mer...