Ses actions, sa conception de l'Etat dans la main de Dieu. " La paix, dit-il, est en nos coeurs lorsque la raison commande comme reine et maîtresse, que la partie inférieure qui contient le peuple de nos appétits obéit, et que toutes deux se soumettent à la raison éternelle de laquelle la nôtre emprunte ce qu'elle a de lumière.
" Plus tard dans ses Mémoires, il précisera : " Pour bien commander aux hommes qui sont leurs sujets, les rois obéissent à la raison, qui est un rayon ou une impression que nous avons de la divinité, et à la loi, qui nous enseigne que Dieu est le Roi primitif et les rois ne sont que les ministres de son royaume. " Dès lors, Richelieu a conscience que son pouvoir ne dépend que du bon vouloir du roi.
Il peut être à chaque instant révoqué, et d'autant plus que les Grands, la reine mère, Marie de Médicis, puis la reine de France, Anne d'Autriche, combattent la politique du Cardinal, qui vise précisément à " rabaisser l'orgueil des Grands ", à les faire plier devant le pouvoir monarchique. A cette orientation traditionnelle de la politique des rois de France, Richelieu donne une impulsion déterminante.
Mazarin la poursuivra malgré la Fronde, puis Louis XIV, à Versailles, la magnifiera. Mais Richelieu l'incarne le premier avec cette rudesse : les têtes des grands roulent. " Sa pourpre est faite de gouttes de leur sang. "