Alors qu'en France, sous Louis XIV, fleurissait une littérature qui traversera les âges, au Japon, Bashô élaguait le Haïkaï, n'en retenant que le premier verset. Ainsi naquit le Haïku, minuscule poème de 17 syllabes (chiffre sacré) élaborées en 5-7-5. Dans la simplicité, la poésie de Bashô cherche à unir spiritualité et réalité quotidienne. A la fin de sa vie, il insistera sur la "légèreté". Notre époque de rapidité en tout foisonne de flashes nourriciers d'une illumination première à sculpter d'un verbe d'une concision extrême. Capter, puis ciseler l'éphémère pointilé de l'instant, jusqu'à lui donner vie. Point besoin de zen. Il suffit d'un coeur ouvert au monde et aux autres: voir, écouter, sentir, vibrer, aimer...