On se croirait presque dans une scène de Talons Aiguilles, transposée dans la littérature par une frangine de Jean Genet, lequel aurait eu cent ans le 19 décembre 2010. Nous sommes pourtant à Fleury-Mérogis, le plus grand centre pénitentiaire européen, et une détenue nous parle d'une société inversée où les vraies valeurs se réaliseraient de l'autre côté des barreaux. La prison comme révélateur de l'humain en l'homme, une société ritualisée de l'échange, sans argent, où tous les coups ne sont pas permis, où lors de la messe, des ferventes libèrent Dieu pour le rendre à Jésus, à sa vérité insurrectionnelle. Un monde du « juste nécessaire », sans vêtement de marque, sans tous ces outils qui nous aliènent, où les travailleuses ne sont plus dépossédées de leur force productive, où le corps et le désir brûlent de nouveau.