Le débat scientifique sur la réalité du changement climatique a ses imposteurs. Mais, en matière d´environnement, les plus grandes impostures se situent dans le champ politique.
Lorsque l´écologie émerge dans le débat public au début des années 1970, les grandes puissances économiques comprennent qu´un danger se profile. Alors que la mondialisation du capitalisme se met en place grâce à la stratégie du libre échange, l´écologie politique pourrait remettre en cause le productivisme, l´intensification du commerce international et les délocalisations de l´industrie vers les pays à bas coût de main-d´oeuvre. Avant même que la communauté internationale ne se réunisse pour débattre des crises environnementales, les tenants de la mondialisation rédigent les conclusions : aucune mesure de protection de l´environnement ne devra entraver le commerce.
Depuis plus de quatre décennies, depuis que la question environnementale a émergé dans les débats nationaux et dans les préoccupations internationales, un pacte tacite s´est instauré, qui n´a pas manqué de duper : au sein des gouvernements, des institutions internationales, lors des grands sommets, ne seraient prises que des mesures cosmétiques, ne portant pas atteinte au libre échange et à la mondialisation. Il est grand temps de faire tomber les masques et de raconter en détail l´histoire politique, totalement méconnue, qui révèle la supercherie d´une prétendue conversion à l´écologie des grands de notre monde.