Quest-ce qui mintéresse au fond ? Au départ, cétait la science dHenri Beraldi qui allait mapprendre des choses sur les gravures. Mais très vite, cest Beraldi lui-même qui ma occupé et, de fil en aiguille, je me suis mis à lire tous ses livres. Il ma fait sortir de ma spécialité les estampes. Me revient en mémoire cette enseigne qui avait frappé Walter Benjamin lors de ses pérégrinations parisiennes : « Na pas de spécialité. » Slogan provocateur, tant la spécialisation est un titre de fierté pour beaucoup de gens. Titre fragile : peut-on encore se considérer comme un spécialiste dès lors que lon prétend à plusieurs spécialités ? Beraldi, lui, ne sarrête pas à ces détails. Cest leffet déstabilisant de sa lecture pour un chercheur : celui que lon prenait pour un hyperspécialiste, avec ses catalogues raisonnés, savère à lopposé. Il vous parle de tout. On ne sait plus pourquoi on était venu. On en ressent tout à la fois malaise et joie, comme sous leffet dune mue que lon navait pas vue venir.