LAntiquité possède Alix, la période moderne a LÉpervier et les Passagers du Vent, la période contemporaine se retrouve dans Maus ou chez Tardi. Le Moyen Âge serait-il le parent pauvre de la bande dessinée ? Il existe bien quelques ½uvres marquantes, de Prince Vaillant aux Compagnons du Crépuscule, en passant par Vasco et Les Tours de Bois-Maury, mais elles ont moins imprégné limaginaire collectif et nos images mentales du Moyen Âge sont dabord tirées de films, comme Le Nom de la rose par exemple.
Écrit par un collectif dhistoriens, cet ouvrage explique en quoi la période médiévale a pu inspirer les auteurs du monde entier. Si la medieval fantasy est le genre qui est le plus en vogue actuellement (Thorgal), la bande dessinée historique reste très présente. Il sagit alors de recontextualiser cette production : comment la bande dessinée a-t-elle instrumentalisé le Moyen Âge pour faire passer des messages politiques, quils soient chrétiens ou anticléricaux, fascistes, écologistes, féministes ou communistes ? Depuis les années 1980, le lectorat visé étant plus diversifié et moins politisé, cest un tout autre Moyen Âge qui est représenté par des auteurs qui se documentent davantage pour recréer des décors, une langue et des situations qui paraissent crédibles. Mais la vision qui en est donnée est globalement très sombre : du beau Moyen Âge de preux chevaliers, on passe à un monde crépusculaire qui peut, en creux, faire réfléchir sur notre société contemporaine.
À côté darticles de synthèse, cet ouvrage fait la part belle à lanalyse détaillée d½uvres très diverses, du Godefroid de Bouillon, de Servais, au Sourire des Marionnettes, de Jean Dytar, tout en donnant la parole aux auteurs de bande dessinée par le biais dentretiens.