Une nuit de novembre 1914, au début de la guerre, un train entre en gare de Menton. La jeune infirmière Alice Munet distingue dans lobscurité les premiers blessés. Elle descend dans la cour et découvre bientôt des soldats Noirs, couverts de bandages ensanglantés. Aussitôt Alice et sa soeur Marie-Thérèse consacrent leurs forces à soigner ces «Tirailleurs Sénégalais». Complètement dévouées à tous, elles se font rapidement aimer. Elles les accueillent chez elles, à la Villa de la Vierge, pendant leur convalescence. Avec beaucoup de respect, elles les sensibilisent à lamour de Dieu et en baptisent plusieurs. À la fin de la guerre en 1919, les hôpitaux se vident et tous les tirailleurs regagnent leurs pays. Très attachées aux Africains, les deux soeurs désirent continuer leur mission en Afrique même.
En 1922, avec lappui du P. Chabert, supérieur de la Société des Missions Africaines, Alice et Marie-Thérèse fondent lInstitut des Missionnaires Catéchistes du Sacré-Coeur. Mais voici quAlice meurt dès 1924. Sa soeur Marie-Thérèse poursuit loeuvre commencée. Des jeunes filles viennent la rejoindre. Plusieurs groupes partent successivement en Côte dIvoire, en Gold Coast, au Togo et au Dahomey; dautres fondent des Foyers pour accueillir les soldats noirs en garnison dans le sud de la France.
Le P. Chabert et Alice ont élaboré les premières constitutions de linstitut sans avoir vécu en Afrique Noire. Les Soeurs sont donc attentives aux directives des missionnaires sur le terrain et de leurs évêques, sans jamais oublier leur charisme des origines: visiter les gens chez eux, être des catéchistes autant et plus que des infirmières et des enseignantes. Avec une généreuse facilité, le moment voulu, elles laissent leurs oeuvres à d autres congrégations pour aller toujours plus loin auprès des populations les plus abandonnées!
Ces Soeurs travaillent aujourdhui au Togo, au Bénin et au Cameroun. Quoique pas très nombreuses, elles ont communiqué leur flamme apostolique à leurs jeunes Soeurs Africaines.