Flaubert conçoit la littérature comme un art de limage, du regard et de la vision. Les grands génies, selon lui, savent voir le monde en « se faisant prunelle » ; ils savent voir leur sujet et le faire voir, en transformant leur lecteur en pur « ½il ».
Ce volume entreprend dexaminer la nature, la portée et les limites des images pour lécrivain. Quest-ce qui constitue une image marquante pour les personnages ? Comment se présente leur expérience visuelle du monde ? Quel rapport critique, et plus largement éthique et existentiel, convient-il dengager avec les images ?
Le travail acharné du style donne des réponses contrastées et nuancées, les images étant tour à tour bannies et cultivées. La poétique flaubertienne de limage en fait tantôt une cible dironie, tantôt un outil de dévoilement et de connaissance du monde. Observateur ou voyant, myope ou panoramique, adorateur ou contempteur des images, celui qui entendait nentretenir avec lhumanité quun « rapport d½il » invite ses lecteurs à constamment varier la focale pour jouir des images sans sy laisser prendre, et recevoir delles ce quelles ont à nous révéler.
Avec les contributions de :
J. Azoulai, O. Bara, J. Bem, B. Donatelli, S. Dord-Crouslé, P. Dufour, J. Dürrenmatt, J.-D. Ebguy, É. Le Calvez, R. Martin, K. Matsuzawa, S. Moussa, J. Neefs, F. Pellegrini, D. Philippot, A. Herschberg Pierrot, G. Séginger, N. Sugaya, F. Vatan, A. Yamazaki.