Si selon Soltjenitsyne, le mélanome est la reine des tumeurs malignes, depuis toujours le cancer du sein en est le modèle. Qu'il s'agisse de l'épidémiologie, de l'étiologie, de la pathogénie, du diagnostic et du traitement, l'évolution des idées au cours des siècles explique bien souvent les nôtres. Certes le diagnostic et le traitement de ce fléau ont fait en moins de deux siècles des progrès extraordinaires mais certaines questions restent toujours sans réponses et beaucoup d'idées que l'on croit modernes sont en fait fort anciennes. Le propos de l'auteur n'est pas ici celui de l'historien, mais celui du médecin recherchant le fil conducteur à savoir comment l'application plus ou moins consciente du modèle des maladies infectieuses à celui des cancers a conduit à bien des désillusions. Mais aussi, comment les nouvelles données de la biologie moléculaire vont sans doute amener à un démembrement de cette affection et font déjà naître de nouveaux espoirs thérapeutiques.