Lamiel est le dernier grand roman de Stendhal, laissé en plan(s) par la mort de l'auteur en 1842. Depuis une première publication par Casimir Stryienski en 1889, ce récit, dont l'intrigue couvre les dernières années de la Restauration et le début de la monarchie de Juillet, a depuis toujours mauvaise presse ; à l'évidence, il reste aujourd'hui le plus méconnu des romans de l'auteur de La chartreuse de Parme, pour des raisons qui ne tiennent pas seulement à son inachèvement. C'est à une réévaluation de cette oeuvre déconcertante que s'attache la présente étude.
Beaucoup moins « âpre » que Le Rouge et le Noir, bien moins critique que Lucien Leuwen, Lamiel, rétrospective « chronique » des temps assez peu historique, conte la destinée d'une héroïne qui monte de Normandie à Paris, sans jamais daigner écouter les innombrables sermonneurs qui lui veulent du bien. Tôt affranchie par le lucide docteur Sansfin, amorale, avant tout respectueuse de sa sacro-sainte liberté - « Ne suis-je pas maîtresse de moi ? » est la phrase qui résume son credo existentiel et éthique -, Lamiel emprunte des chemins non balisés, fait scandale parce qu'elle trace crânement sa propre route. De là à faire de cette rebelle, soeur de coeur de Vanina, Mina ou Mathilde, une féministe avant l'heure, il n'y avait qu'un pas, souvent allègrement franchi. À tort ou à raison ? Les réponses sont dans le(s) texte(s), à condition toutefois de le(s) lire.
Préface I. Lamiel, un roman sans fin II. Lamiel, récit dépolitisé et amoral II.1. Un récit rétrospectif II.2. Un narrateur notaire ?
II.3. Un récit dépolitisé ?
II.4. Nuit de Juillet II.5. Les fins politiques de Sansfin II.6. Lamiel, fille de Juillet III. Lire Lamiel III.1. De la bosse de Sansfin et de quelques questions de méthode III.2. Le code a la clef III.3. La bosse et le fusil : le docteur chasseur IV. Lamiel, chronique anachronique ?
IV.1. Le château, l'église et la chaumière IV.2. Petite cour et despote de Carville IV.3. Un bourgeois gentilhomme IV.4. Bonne compagnie : fond du tableau of Lamiel IV.5. Seigneurs et serviteurs IV.5.1. Mais où sont les serviteurs d'antan ?
IV.5.2. Servante, maîtresse et caprices V. Lamiel, roman d'éducation V.1. Lamiel, ou la valse des instructeurs V.2. Le doctor Sansfin V.3. Irréductible Brulard, irréductible Lamiel V.4. Leçon sur les leçons VI. Les personnages VI.1. Personnages à thèse, mannequins VI.2. Sansfin, suite sans fin VI.3. Lamiel VI.3.1. Premier rôle VI.3.2. Au diable la famille !
VI.3.3. Lamiel, enfant trouvé sans retrouvailles VI.3.4. Enfant cherche désespérément une « famille à aimer" » VI.3.5. Lamiel « paysanne » ?
VI.3.6. Que Lamiel n'est pas « une sorte de Julien femelle » VI.3.7. Les mille et un textes de Lamiel VI.3.8. Lamiel prostituée VI.3.9. La belle, les brutes et le truand VI.3.10. Lamiel, héroïne féministe ?
VII. Lamiel, roman dévoyé ?
VII.1. Un romancier de métier fourvoyé VII.2. Lamiel, roman « vulgaire », « indécent », parce que roman sans fin VII.3. Lamiel avant Flaubert VIII. Postérités Bibliographie