Dans ce roman, en grande partie autobiographique, Urzidil revient sur les lieux de son enfance : Prague et la Bohême dans les premières décennies du XXe siècle. Il évoque avec un charme prenant les rues, les quartiers, les cafés, les habitants hauts en couleur de cette ville baroque qui abrita ses premières émotions enfantines, sa découverte de l'amitié, de l'amour, de sa vocation d'écrivain, conscient dans cette cité slave, germanique et juive de la grâce qu'il a d'être cosmopolite.
Puis le cadre s'élargit en même temps que monte l'angoisse de la guerre et d'une inquisition permanente où nul refuge n'est sûr. Le fugitif, l'exilé se cache alors dans les forêts de Bohême puis en Angleterre d'où il rapporte quelques précieux souvenirs et une mystérieuse histoire d'amour. Mais dans la mémoire de l'exilé reste gravée l'image de Prague « La bien-aimée perdue ».