Pierre de Coubertin naît à Paris le 1er janvier 1863. Issu d'une famille d'aristocrates légitimistes, il se convertit à la République. Très tôt intéressé par les questions d'éducation, fort à la mode au début de la III° République, il se fait le porte-parole de l'éducation à l'anglaise qui privilégie le sport au collège. Il n'est pas suivi, quand, en 1894, il annonce, à la Sorbonne, le rétablissement des Jeux olympiques. En France, le sport, d'importation britannique, est mal vu et en Angleterre, on admet difficilement qu'un Français se mêle d'une affaire quasi nationale. Il parvient cependant, en 1896, à organiser les premiers JO de l'ère moderne à Athènes grâce à son entregent et à ses réseaux d'amitié. Mais le combat n'est pas gagné... En 1900, pour les Jeux de Paris, en pleine Exposition universelle, il est humilié et mis sur la touche. Ces JO ne seront qualifiés d' « olympiques » qu'après qu'ils se seront tenus... Ce n'est vraiment qu'à partir des Jeux de 1908, à Londres, que le mouvement olympique prend véritablement son essor. À la tête du CIO jusqu'en 1925, il va lutter contre les fédérations sportives qui tolèrent mal la tutelle du Comité olympique et contre les États, notamment la France qui, après avoir boudé les Jeux, veut, après 1918, les accaparer et mettre la main sur le CIO. La guerre, tantôt larvée, tantôt ouverte, entre Coubertin et son pays sera le fil rouge de cette biographie. Il s'exile à Lausanne où il transfère le siège du comité. Le geste est très mal pris en France. Une cabale s'organise à l'approche des Jeux de 1924, les derniers organisés à Paris. Après son retrait, en 1925, il ne reste pas inactif, mais est tenu à distance par son successeur à la présidence du CIO, le comte de Baillet-Latour. Coubertin reprend ses activités d'éducateur. Il multiplie les projets de réorganisation de l'enseignement scolaire et envisage des universités populaires. Ses dernières années sont marquées par de graves difficultés personnelles : ruiné, il vit replié à Lausanne et à Genève, oublié. En 1935, le régime nazi tente de le récupérer et en fait son candidat au Nobel de la Paix (qui ira à Carl von Ossietzki, un opposant allemand détenu dans un camp). Son dernier combat, qui n'est pas le plus glorieux, sera de défendre contre vents et marées la tenue des Jeux de Berlin en 1936. Il écrira à Hitler dont il était (il l'écrit textuellement, en 1934, à un de ses correspondants) un admirateur... Il meurt à Genève le 2 septembre 1937.