Nos visages-flash ultimes est un processus de production d'« art d'otage » comparable, dans une certaine mesure, à celui qui a provoqué, il y a plusieurs mois, la diffusion radio de proses affectueuses ou compatissantes, et l'affichage dans le métro de 4 x 3 m à l'effigie de « Florence & Hussein ». Toutefois, ce projet en diffère par sa fonction. Au départ, il s'agissait de rendre plus « parlables » les images d'otages si présentes dans les rues, les espaces publiques : images qui, bien que vues et revues, provoquent la parole comme une commotion : barbarie, horreur suscitent la répulsion. Il s'agit donc ici d'interroger un mécanisme émotionnel propre à la guerre par images-paroles. Questionnement mené avec les moyens spécifiques à La Rédaction : écrire un livre non par l'écriture purement « textuelle », mais en combinant des procédés techniques usuels choisis pour leur à-propos par rapport au sujet traité.