Ce serait l'éternité d'être là, à l'ombre du pommier - « sous l'arbre où ma mère m'a conçu », dit le Cantique -, écoutant, à défaut des chants des neuf choeurs des anges, le bruit permanent de la mer, au loin, et des camions, au près.
L'éternité, tandis qu'elle va, puisant l'eau, arrosant les fleurs, ou, silencieuse, à travers la maison, ou encore, brossant ses toiles sur le petit chevalet, devant la grande porte-fenêtre.
Ce serait cela l'éternité, ce flux d'ondes, si rapides qu'elles sont immobiles, qui rendent présent le monde, les absents, dans ma solitude.
Oui, l'éternité encore, éternel retour du même, dans la beauté renouvelée, neuve éternellement, des tâches quotidiennes et des insomnies des nuits d'été.