Par un remarquable paradoxe, à mesure qu'elles s'ouvraient en interne à la circulation des biens et des personnes, les frontières de l'Europe se sont refermées aux étrangers, désormais indésirables, en provenance des pays non communautaires. Mais parallèlement, une autre réalité, moins perceptible, s'est traduite par la constitution de frontières raciales, ethniques ou religieuses à l'intérieur de l'espace national français. Ces deux mouvements par lesquels se cristallisent les frontières extérieures et les frontières internes, la question de l'immigration et l'enjeu de la racialisation, sont étroitement liés, tant dans les histoires familiales, puisqu'elles concernent les étrangers et leurs enfants, que dans les discours publics, comme l'ont montré les interprétations des récentes émeutes urbaines. D'où l'importance de cet ouvrage, qui restitue la recherche conduite pendant quatre ans par une équipe de sociologues, anthropologues, historiens, politistes, juristes, psychiatres et psychanalystes.