Du french doctor bravache et bénévole courant soigner les victimes de la guerre de sécession au biafra, à l'icône médiatique propulsée au top des sondages de popularité; du militant gauchiste, devenu l'un des ministres préférés du président mitterrand, à l'éphémère soutien de ségolène royal passé dans le camp de nicolas sarkozy et nommé par lui au quai d'orsay; de l'inventeur autoproclamé du devoir d'ingérence à sa récente répudiation du «droit-de-l'hommisme»; de ses généreux engagements d'antan à ses flirts éhontés avec le «bushisme», les «néocons» américains ou l'actuel dictateur rwandais - quelle meilleure illustration de la dérive opportuniste d'une fraction de la génération soixante-huitarde et de ses reniements successifs que la carrière de bernard kouchner?
«à force, écrit pierre péan, il aura fait une victime de ce qui lui était le plus cher: l'image qu'il voulait donner de lui-même et à laquelle il sera, à ce train, le dernier à croire.»