Dès le milieu du XIXe siècle, dans le double but d'assainir ces lieux coûteux et corrompus, d'aider à l'aménagement de colonies trop peu hospitalières et florissantes, et dans un contexte d'intolérance réveillé par une délinquance croissante, germe l'idée de déporter les bagnes vers la lointaine Guyane, puis Nouvelle-Calédonie. Ainsi, entre 1852 et 1938, date de leur fermeture, plus de 100 000 condamnés, hommes et femmes, seront acheminés vers ces lieux maudits. Si certains, très rares, parvinrent à s'en échapper, tel le fameux "Papillon", nombre d'entre eux échouèrent ou périrent dans cette folle tentative. La plupart ne revinrent jamais, contraints à l'exil forcé une fois leur peine purgée. Décimés par la maladie, l'épuisement, les mauvais traitements, ou plus brutalement, dans la lunette de la " bascule à charlot " qui trancha bon nombre de fortes têtes, ils furent quelques 20 000 autres à succomber dans les conditions les plus indignes, les plus inhumaines dont est capable l'homme envers l'homme.