Neuf histoires inquiétantes et profondes comme l'eau des puits où se mêlent la loufoquerie et le tragique, la chimère et le désastre, le souvenir et l'angoisse. À la fois la galère et le galérien, l'homme ambigu y décline sa nature en nuances qui vont de l'hostilité jusqu'à la mansuétude, en passant par les rêveries amoureuses et les impulsions meurtrières. Neuf histoires contrastées où, touchés par la grâce ou dévastés par la violence de la fatalité, les êtres pourchassent la vie heureuse et espèrent la mort paisible, pendant que le monde, né un matin d'Épiphanie sous la lune couleur d'os, glisse comme un vaisseau négrier vers les ténèbres où l'on ne voit plus que la nudité des restes de l'ultime boucherie. Une écriture toujours éblouissante, où l'imagination, l'érudition et l'émotion se mêlent en un troublant bouquet. Il y a du génie dans cette violence narrative qui ne dit pas son nom, mais qu'une extrême maîtrise vient arracher au silence insupportable désormais. Car l'espèce de désespérance, de lucidité un peu effrayante qui émane de ce livre est une traduction saisissante des sottises de nos dogmes religieux et, sans doute aussi, de nos démons personnels.