Que le grand art (ce que du moins on a appelé ainsi) soit désormais pour nous une chose du passé ne signifie pas que toute grandeur soit impossible à l'art d'aujourd'hui, comme voudrait le faire croire la suspicion d'insignifiance qui si souvent accable.
C'est plutôt la grandeur de l'art qu'il faut s'employer à redéfinir et repenser : que peut-elle bien être encore quand les temps " démocratiques " annulent toute transcendance et toute hiérarchie, quand le règne sans partage de la marchandise proclame que " tout se vaut " et quand tant d'artistes semblent eux-mêmes ne faire que recycler les produits et les formes, les signes et les postures de la consommation culturelle ?