La littérature sur le totalitarisme se caractérise par une particulière luxuriance. Pléthorique au temps de la guerre froide, le genre « totalitaire » a fait une percée décisive dans l'opinion des années 1970, à la suite de L'Archipel du Goulag. De multiples discours, polémiques pour la plupart, se conjuguent depuis, qui donnent un contenu éclaté à la notion de totalitarisme, servant à qualifier la pratique simplement « autoritaire » d'un gouvernement ou d'un parti, à décrire les effets pervers d'une politique, ou encore à rendre compte de la globalisation libérale. Tout ceci confère au « totalitarisme » autant de visions réductrices et d'images déformées que l'auteur s'attache ici à combattre.