La nuit me prête un peu de son immensité je lui cède en échange quelques-uns des maux de tête acérés qui de leurs dents et de leurs griffes arment un rongeur invisible au coeur de cet arbre le mien habité par des vertiges sans qui j'ignorerais où je suis je les regarde s'en aller va-t-il me manquer quelque chose ? Suis-je amputé de la douleur qui offrait un refuge aux idées faites pour n'être pas conçues ? Je vais m'enchaîner au vent par la tête et je m'écoulerai avec lui lié sans défense au temps sans souffrance à la fin j'apprendrai - je le sais - que pour apercevoir la bête à qui je dois de connaître ma vie il me faudra demain abattre l'arbre