Voilà Sulivan, tel qu'en lui-même, à l'épreuve permanente du paradoxe que le poème vivant du Christ a planté au coeur du monde. Est-ce une parole pour notre temps ? Il n'est pas de temps, répondrait-il, pour la Parole. Voilà pourquoi, bien avant le regain d'intérêt qu'on lui connaît aujourd'hui, il aura su percevoir la voix oubliée qu'il retrouva en Inde, dans le silence transfiguré d'Abhis, cette voix prodigieuse de Maître Echkart, qui se présente incroyablement jeune à l'orée d'un nouveau millénaire.
Une voix qui ne sait pas dire autre chose que l'expérience, toujours renouvelée, d'un « Dieu qui engendre son Fils en nous afin que nous ayons là toute notre joie et que nous engendrions en même temps que lui ce Fils, car Dieu a toute sa joie dans la naissance ». cette voix incomparable de l'Evangile dont Sulivan demeure, lui aussi, désormais un incontestable témoin. Le livre de Jean Lavoué en témoigne magnifiquement.