Le livre évalue la place des religieux dans la culture et les événements politiques au début du siècle de Louis XIV. Centrée sur la congrégation franco-italienne des Feuillants et son rapport aux princes et aux États, l'étude s'appuie sur des comparaisons avec d'autres structures cléricales mieux connues, mais rarement analysées sous cet angle. L'auteur montre que, des luttes confessionnelles, auxquelles nombre de communautés religieuses ont participé sans en sortir totalement indemnes, émerge un nouvel agencement du politique et du religieux au tournant des 16e et 17e siècles. Cela se traduit par de nouveaux transferts de religiosité dans le sens Église-État qui renforcent la puissance étatique sans pour autant la séculariser. Car, aux côtés des légistes, les princes pouvaient désormais compter sur les réseaux religieux appartenant aux forces vives de la réforme catholique, pour les aider dans cette lente et difficile affirmation politique. Si les pouvoirs constitués tentaient bien d'imprimer leur marque sur ces structures ecclésiales, les ressorts de cette confessionnalisation reposaient davantage sur une étroite collaboration entre les religieux et l'État, que sur un rapport unilatéral de domination. Les clercs eux aussi faisaient intervenir leurs relations dans les plus hautes sphères du pouvoir pour obtenir gain de cause. Ils sollicitaient les princes pour fonder leurs monastères et étendre leur diffusion. Enfin et surtout, ils n'hésitaient pas à puiser dans leur idéal de vie communautaire une vision globale de la société et de l'État, favorisant ainsi la mise en place d'un ordre social et politique hiérarchisé, soumis au monarque. L'ouvrage, issu d'une thèse, est accompagné d'un cédérom d'annexes, regroupant tableaux de synthèse, gravures et cartes, ainsi qu'une prosopographie des Feuillants et une sociographie de leurs bienfaiteurs.