Calculée, maîtrisée, assujettie, comme si je me l'étais à tout jamais appropriée.
Or depuis, sans cesse je dois me rendre à l'évidence : la phrase s'était passée de toute autorisation, elle avait vécu sans moi.
Elle avait toujours vécu seule.
La première fois (était-ce la première fois ?), (...) ladite phrase vient s'imposer à moi avec l'autorité, si discrète et simple qu'elle fût, d'une sentence : il y a là cendre. {...} Pendant près de dix ans, allées et venues de ce spectre, visites inopinées du revenant. La chose parlait toute seule. Je devais m'expliquer avec elle, lui répondre - ou en répondre.
J.D.