Boni de Castellane (1867-1932) est une des figures dominantes de la Belle Époque. Appartenant à l'une des plus anciennes familles de France, arrière-petit-fils du maréchal de Castellane et de la duchesse de Dino, arrière-petit-neveu de Talleyrand, il fut un dandy célèbre en même temps qu'un député actif siégeant à la Chambre de 1898 à 1910. Son mariage, en 1895, avec la richissime Américaine Anna Gould, fille du « roi des chemins de fer américains », fit de lui un symbole : la France donnait son blason et l'Amérique sa fortune. L'or du Nouveau Monde permit à Boni de Castellane de réaliser ses rêves et d'éblouir la France : il rassembla une fabuleuse collection d'objets d'art, acheta le château du Marais et le château de Grignan, demanda à l'architecte Sanson de construire le fameux Palais Rose, avenue du Bois (actuelle avenue Foch), sur le modèle du Grand Trianon, avec un escalier s'inspirant de celui des Ambassadeurs à Versailles. Il y donna des fêtes exceptionnelles qui réunirent artistes, hommes politiques et gotha européen. Son divorce en 1906, tout aussi fracassant dans la presse que l'avait été son mariage, le laissa sans fortune. Assailli par les créanciers, il devint journaliste, puis antiquaire, s'adaptant à cette vie nouvelle avec son élégance légendaire. De son enfance au château de Rochecotte, sur les bords de la Loire, empli des souvenirs de Talleyrand, à sa découverte des États-Unis d'Amérique, de ses campagnes électorales dans les Basses-Alpes à ses interventions retentissantes au Palais-Bourbon, de ses réalisations artistiques à ses démêlés avec la presse, qui furent cause de plusieurs duels, l'ouvrage souligne tous les traits d'un personnage qui, jusqu'à sa mort, fascina ses contemporains et fut un phénomène médiatique exceptionnel : le « prince de la mode » qui multiplia les conquêtes féminines, l'ami de Marcel Proust et de D'Annunzio, l'esthète qui mit son goût raffiné au service des collectionneurs américains, le patriote partisan de l'Entente cordiale et de l'alliance franco-russe, l'acteur de l'ombre aux Conférences de la paix en 1919, le père de famille attentif et le chrétien exemplaire face à la maladie... Un tableau de la France de la Belle Époque à travers le destin d'un homme hors du commun le dernier des grands seigneurs d'Ancien Régime qui contribua à son éclat et à son rayonnement.