Un après-midi de 1976, Nadia Comaneci, gymnaste affamée, remporte la note parfaite dans la palestre, devenue Biodôme depuis, du Stade olympique de Montréal. Ainsi commence le voyage de toute une génération. Éric Dupont, devant son poste de télé, à 450 kilomètres de là, est obnubilé par cette prestation. Né d'un père agent de police qui aura six femmes et d'une mère cuisinière de métier, il sera élevé dans les règles les plus strictes du patriotisme québécois. Envoyés à l'école avec une fleur de lys épinglée sur leur chandail, dans un comté fédéraliste, obligés de boycotter les chocolats Cadbury dont la très convoitée Caramilk, car leurs usines avaient été déménagées à Toronto, prononçant le nom de René Lévesque comme celui d'un Dieu, Éric et sa soeur deviennent de petits combattants malgré eux.
La terre tremble régulièrement en Gaspésie à cette époque et Éric ressent 200 fois par année un petit tremblement de terre, tous les 1,82 jour. Son sismographe intérieur est plus sensible que celui des autres et donne lieu à une magnifique épopée dans les intérieurs d'une famille éclatée, en déménagement perpétuel. Le Bestiaire d'Éric Dupont nous montre comment les souvenirs peuvent devenir des armes. Un livre émouvant qui provoque le rire et les larmes. Le témoignage attendu des enfants d'Expo 67.
En prime, l'apparition du premier timbre québécois.