Baptiser: ce verbe, qui recouvre aussi bien l'administration du premier des acrements de l'initiation chrétienne que l'attribution par les parents d'un prénom au nouveau-né, révèle combien le baptême est à la fois rite religieux, rite familial et, parce que la famille n'est pas un isolat, rite social au sens large. Face à des normes canoniques très codifiées se développent des stratégies familiales qui savent les faire servir à la consolidation ou à l'extension de réseaux existants, voire à la création de nouveaux. Le choix des parrains et marraines apparaît comme le levier principal de ces stratégies. Celles-ci, depuis la Renaissance, n'ont pas manqué d'évoluer, au gré de la confessionnalisation puis de la sécuralisation des sociétés européennes. Comment se manifeste dès lors, à l'occasion du baptême, la tension entre visée ecclésiale et demande sociale ?