prier sera toujours un signe de jeunesse : c'est espérer le meilleur.
plus l'âge avance, moins on a envie de laisser les images flottantes et les fantasmes angoissants prendre la place de dieu. moïse a eu peur ; saint jean-baptiste a tremblé ; saint paul a balbutié. et nous ? ces géants ont fait leur la maxime de jean-paul ii : " n'ayez pas peur ! " c'est au moment où l'on se trouve dans le brouillard, ou bien dans la joie, que quelqu'un se découvre à nos côtés : il nous attend.
il a désarmé de tout. il s'est fait pauvre. il s'est agenouillé devant saint pierre, et devant nous, pour nous dire : " c'est toi, ma créature, c'est toi qui comptes ", alors qu'impatient ou tremblant nous lui disions : " mais non, seigneur, c'est toi qui comptes. " il reprend alors et, du haut de la croix, insiste : " non, c'est toi, ma créature, tu es mon ami, c'est toi qui comptes. " quel mystère d'amour et de réciprocité.
c'est dieu qui nous prie. entendre ce message s'appelle : prier. quel bonheur secret. peut-être la seule certitude. oui, " prier " : le seul espoir d'avoir laissé une cicatrice sur terre.