Sitôt exprimé, le poème s'efface, il s'évapore, il appartient au passé. Il se noiera, se consumera, servira de torche-cul, au mieux il sera recueilli par quelque esthète compatissant et précautionneux.
Qu'importe, le poète n'est ni fourrier de sa compagnie, ni comptable de ses registres. Il ne s'accorde nul repos. À nouveau devant la page blanche, il besogne. Il trace des allées perspectives et sème des mots qui germeront peut-être, ce soir, demain... un jour.