Lintensité des échanges culturels entre la France et lItalie fasciste a longtemps été occultée par les oppositions idéologiques qui ont mené à la Seconde Guerre mondiale. Cet ouvrage collectif, qui retrace les efforts déployés des deux côtés des Alpes pour encourager entre ces deux « nations s½urs » un rapprochement fondé sur une « latinité » partagée, interroge le rôle donné à la culture dans la construction de cette communauté. Il examine comment, dans un contexte de tensions internationales extrêmes, se créèrent de véritables réseaux, aux multiples ramifications, qui, en multipliant les rencontres, les comités, les revues, les expositions et autres manifestations dune supposée « culture latine », permirent de dessiner un axe Paris-Rome. Sappuyant sur des recherches récentes, il montre que la littérature, les arts visuels, le cinéma se trouvèrent non seulement au c½ur des stratégies dalliance entre la République française et lItalie de Mussolini, mais aussi, côté français, au centre dune propagande qui célébra les vertus dun régime dordre à travers lexemple italien. Lanalyse de ces échanges conduit dès lors à réévaluer à la fois laction des organisations fascistes italiennes en direction des milieux culturels français et celle que développèrent les partisans français de la latinité à des fins de politique intérieure.