Lorsque je fais le bilan de ma vie publique, je me convaincs quil me faut parler, que toute vie, aussi banale soit-elle, constitue une pierre, un caillou qui construit le chemin sur lequel les sociétés avancent ; et ma pierre à Perpignan est clairement visible.
Et dailleurs, puis-je me taire lorsque je vois le désarroi de la jeunesse en manque davenir, prise au piège dun monde où linformation pullule, où lon sinterconnecte sans limites, où le virtuel est plus dense que le réel, sans dailleurs savoir bien repérer là où commence le virtuel et où finit le réel. La jeunesse est submergée de signaux, de messages, mais le sens a déserté le signe.
La jeune génération vit un paradoxe : plus elle sinforme, moins elle comprend ; la connaissance ne fait plus conscience, les idéaux, les idéologies sévaporent dans le magma des relations virtuelles, des résumés de Wikipédia, des flashs infos, des slogans et signaux multiples.
Sans parler de cette crise économique dont personne ne sait expliquer au peuple doù elle vient et où elle va crise qui ajoute encore à lincompréhension du présent et à lopacité du futur.
Plus que jamais la parole politique, celle qui parle de la Cité et de la planète à toutes les échelles, de leurs solidarités et de leurs fragilités, est nécessaire pour donner de la lisibilité au monde et le goût de lengagement sur un projet collectif.
Plus que jamais la parole politique est nécessaire pour mettre en conscience et en mouvement.