Raconter lhistoire de Tito, cest revenir sur la dictature militaire mise en place au Brésil en 1964. Installée sous le nom de « révolution rédemptrice », la dictature supprima le Parlement, gouverna par des actes institutionnels et mit en prison les opposants politiques. À cette opposition, va alors sassocier cette partie de lÉglise catholique qui avait choisi le christianisme de la libération. Des laïcs, des prêtres et des religieux, notamment des dominicains, en font partie. Ce livre marche sur les traces de lun dentre eux, Tito de Alencar.
En 1968, le dominicain Tito a 23 ans quand il sengage, avec plusieurs de ses frères, dans des actions de soutien à la résistance et notamment à lArmée de libération nationale (ANL), dirigée par Carlos Marighella. Mais le violent système de répression de la dictature ne tardera pas à larrêter, à le ficher, puis à lemprisonner en novembre 1969. Tito sera torturé ce même mois par léquipe du commissaire Sergio Fleury, puis transféré en dautres centres où les actes de tortures reprendront. Il sera libéré mais banni du pays en janvier 1971. Réfugié en France, il se suicida quelques années plus tard. La torture avait réussi à le détruire psychologiquement, transformant sa vie en un enfer de délires et dhallucinations.
Lors de lédition brésilienne de cet ouvrage en 2014, des personnalités en ont souligné sa portée. « Le livre a changé la vision que javais de lengagement des dominicains à lépoque » (Bernardo Kucinski, écrivain). « Il ny a pas dans cette oeuvre matière à spéculations doctrinaires. Tout est direct et vivant, comme se doit dêtre le témoignage damis et compagnons qui ont partagé dans le danger les mêmes valeurs » (Alfredo Bosi, écrivain, professeur de littérature brésilienne et académicien). « Quel bel exemple de compréhension et de respect de sa tragique aventure chrétienne de liberté ! » (Magno Vilela, historien et ex-dominicain).
Publié aujourdhui en français, ce livre vaut en lui-même pour lhonneur de Tito. Il vaut aussi comme un appel et une leçon pour notre époque, où la liberté et la justice restent toujours à préserver, ou à conquérir et reconquérir.