Parvenu à un âge avancé, un écrivain confiné par la pandémie est incité à introduire la demande de pension de réparation à laquelle il a droit pour avoir été caché en tant quenfant juif pendant la Deuxième Guerre mondiale. Mais il sinterroge?: porte-t-il vraiment des séquelles ?
« Un enfant quon sépare de ses parents, est-ce si difficile à imaginer ? Je nai quà me souvenir du Kid et de Charlot. Les appels, les gestes, les serments. Quoi de plus universel ? Et pourtant, malgré la douleur et la colère, malgré les gémissements et les mots tendres, malgré les larmes, rien, il ne me reste rien de cette séparation, de cette minute où une main, celle de ma mère, celle de mon père, la main de la toute-confiance et de lamour ma lâché. À quel hasard ne dois-je pas davoir établi une proximité entre le confinement obligé et mon destin denfant caché tout en me donnant la possibilité den rendre compte, à quoi javais échoué jusque-là en dépit des exhortations diverses et mon plus vif désir ! Ce que tu as vécu, écris-le. Ce que tu as souffert, raconte-le. Témoigne. »
Les rescapés de cette page sombre de la coopération avec le nazisme, mais aussi de lhéroïsme modeste de citoyens français, disparaissent les uns après les autres. Il est essentiel den entretenir le témoignage, surtout avec une écriture aussi limpide, un humour et une autodérision omniprésents.
Écrivain français, Jean Yvane a publié une douzaine de romans chez de grands éditeurs parisiens. « Un cow-boy en exil » a obtenu le prix Del Duca et « LArme au bleu » a figuré au dernier tour du prix Renaudot. Il aussi publié un recueil de nouvelles aux éditions M.E.O., « Cosa mentale ». Plusieurs de ses romans ont inspiré des téléfilms. Également homme de théâtre, il a occupé diverses fonctions à la télévision ainsi quà la Commission européenne, et a été enseignant universitaire. À près de 90 ans, il navait jamais abordé son passé denfant juif caché durant la Deuxième Guerre mondiale.