Nul, au temps de Shakespeare, na su autant que lui transmuer lobscénité verbale en énergie dramatique, jusquà produire sous lintrigue officielle de ses pièces un tout autre spectacle, fait des péripéties salaces du langage lui-même.
Cest à cette production parallèle, à cet autre théâtre, le plus souvent désopilant, que nous sommes invités à assister ici. On y découvre un pan méconnu du génie créateur de Shakespeare. Car ce montreur dhommes est aussi un pornographe hors pair, assurément le plus doué de sa génération. De sa première à sa dernière (39e ?) pièce, il a cultivé systématiquement une double entente saturée dobscénité, qui va bien au-delà de la trouvaille ponctuelle, dans le cadre dune véritable stratégie dramaturgique de léquivoque.
Ce voyage dexploration pourra éclairer les anglicistes, les traducteurs ou les gens de théâtre. Il se lit aussi comme un recueil des mille et un contes grivois qui composent, pourrait-on dire, le Décaméron de Shakespeare.