La connaissance de la vie pourrait-elle nous instruire sur la rationalité générale ? Cela ne saurait se produire sans élaborer les valeurs rationnelles propres au savoir biologique, par-delà les bricolages empiriques et lemprise des métaphores mécanistes. Mais la vision dominante des sciences, orientée par le culte des données et de lutilité pragmatique, fait obstacle à cette élaboration. Cest par une régression archéologique vers des strates oubliées de la pensée antique et moderne quil faudra saisir lexigence de penser la vie comme un questionnement de la raison elle-même. Des mathématiques « romantiques » à la querelle du vitalisme, de Hegel et Grassmann à Georges Canguilhem et Gilles Deleuze, du Néoplatonisme à la Naturphilosophie, autant de moments où la réflexion sur le vivant a impliqué une (auto-)réflexion sur lAbsolu contingent quest lessence de lanimal rationnel.