Cet essai se place sous le signe de linconférence pratiquée par le poète américain Cummings, inséparable de Pierre Boulez dont lune des ½uvres, Cummings ist der Dichter, fut créée en 1970. Le compositeur a toujours entretenu un lien privilégié avec la poésie. On évoquera son attachement au poète français René Char, présent dans plusieurs de ses ½uvres majeures, dont Le Poème pulvérisé, plaçant lui-même sa recherche de la beauté en musique, entre la « rupture du silence » et le « regain de ce silence ». Mallarmé est également inséparable de l½uvre de Boulez, qui a souvent parlé du Coup de dés mallarméen. On songe à Pli selon Pli. Portrait de Mallarmé, composé sous le signe de « lenveloppe ». Sa genèse, très longue dans le temps, est exemplaire de ce que Boulez a appelé la « polyphonie accumulative ». Dautres poètes sont présents dans son ½uvre, dont Louis-René Des Forêts avec son dernier livre, Ostinato (1997), dans lequel sexprime, comme dans les ½uvres de Boulez, une volonté découte de la « pesante musique de lêtre en perpétuelle gestation ».