Le projet phénoménologique de Jan Patocka peut être lu comme une tentative de récupérer ce qui, de la Physique dAristote (que Heidegger appellait le « livre caché de la philosophie occidentale »), a été oublié par lhistoire de la philosophie. Notre ouvrage se concentre sur un des résultats les plus aristotéliciens de Patocka, que lon pourrait résumer ainsi : le mouvement est phénoménologiquement et ontologiquement premier.
Mais si le mouvement est premier, cela veut dire que les extases et les déterminations du mouvement ne sont, elles, que secondaires, cest à dire phénoménologiquement et ontologiquement dérivées. La matière et la forme (du monde), lacte et le possible, le temps et lespace, lhypokeimenon (le corps et le sujet) sont secondaires, car sédimentés, déposés par le mouvement, et ne séclairent donc fondamentalement que par leur reconduction au mouvement. Cest une telle reconduction que nous avons tâché daccomplir à chaque étape de notre analyse.