Les Méditations sur le bonheur (1763), dont le destin éditorial se mêle étroitement à celui des Délits et des peines de Beccaria (1764), inaugurent la carrière littéraire de Verri. Synthèse de sa formation intellectuelle nourrie de la philosophie politique et morale du XVIIIe siècle européen, de Locke à Helvétius, de Hutcheson à Rousseau, elles sont aussi un vivier didées et de thèmes qui vont forger lidentité de lÉcole de Milan, lun des grands foyers italiens des Lumières.
Ce petit traité offre une leçon dhumanité mue par un idéal égalitaire. Assignant la quête du bonheur, fondée sur un travail danalyse de soi et de connaissance des autres, comme objectif de la vie sociale, de la politique et de la législation, lauteur expose les prémisses de sa pensée réformatrice et progressiste, qui traversa le siècle jusquaux lendemains de la Révolution. Cest lavènement de léconomie politique comme science du bonheur public.