La phénoménologie voulait rompre avec les dualismes issus de la métaphysique. Mais, à la suite de la distinction husserlienne entre «?ce qui apparaît?» et «?lapparaître?», elle ne cesse dopposer «?lessence?» à «?lexistence?», «?lêtre?» à «?létant?», la «?vie?» au «?monde?», «?lobjet?» à «?lévénement?». Ce dualisme cherchant des données «?pures?» rappelle étrangement la doctrine cartésienne des «?natures simples?». Or la phénoménalité concrète nest jamais constituée de données pures, mais toujours dun enchevêtrement de déterminations. Lessence de la phénoménalité ne saurait donc être circonscrite par réduction à un principe ou un mode jugé plus essentiel ou exclusif dun autre, car lessence de la phénoménalité, cest précisément cet enchevêtrement de déterminations, cest le phénomène de synthèse comme phénomène. Mais nous voulons «?faire lUn trop vite?» (Platon), là où toute réalité concrète est constituée de polarités dont nous ne saisissons pas le principe dunité. Reconnaître une structure polaire de lêtre et de létant, reconnaître tout phénomène comme un «?entre-deux?», un metaxu, telle est la tâche dune métaxologie qui interrogerait lénigme et loption par quoi chaque phénomène peut être transformé en idole ou être le lieu dune grâce. Alors pourra-t-on retrouver la dimension «?transnaturelle?» (Blondel) de toute réalité.