Soudain Dos Santos leva les bras et hurla : « Suffit maintenant ! Halte ! Je vais peser cette monstruosa pépita ! » Les hommes acquiescèrent bruyamment à cette suggestion. Le Portugais alla quérir dans le canot une balance romaine quil débarrassa de la toile cirée qui la protégeait. « Une balance romaine, nota le père Olsen, il ne doutait de rien, le Portugais ». Lun des « associés », celui surnommé La Bûche passa ses pouces dans lanneau de la balance, écarta les pieds pour assurer une stabilité déjà titubante, tandis que Dos Santos prenait le bloc et le posait sur le plateau suspendu aux chaînettes, puis il régla le contrepoids et lu dans un silence religieux lindication de la réglette : « Quinze livres ! »
En même temps que lexclamation formidable des heureux inventeurs Olsen soupira : « Mon Dieu ! »
Le camp du Portugais, troisième et dernier volet de la trilogie Le Palais des jésuites. Une formidable fresque historique où se trouvent mêlés personnages réels et imaginés dans un décor fidèlement reconstitué par un auteur scrupuleux de la vérité historique.