Subversif du rapport au dessin pris comme illustratif fascinant, Gabriel Balbo, par une trame darticles écrits sur cinquante ans de pratique psychanalytique avec les enfants, boucle une élaboration théorico-clinique sur le dessin, dont lusage nest pas de faire image, étalage, barrage à lapparolage. Lassociation libre de lenfant demeure la voie signifiante royale entre lépatent visible et le lisible latent du désir, que lenfant peut faire sien en (se) linterprétant, sur le fil du langage du désir.Le dessin, comme le rêve élaboré par Freud, est une écriture qui attend sa lecture pour sinterpréter grâce au dessein du transfert tressé dans une cure, où la disparité subjective assure que du désir soit transféré et fasse écriture. Le dessin peut être une voie et un lieu de formation de linconscient, production à la trace et sur la trace du désir. Encore faut-il savoir la suivre pour mieux le lire, afin quil se dise. Les dessins denfants seraient-ils des dessins rêvés, voire des dessins de rêves ? « Par ses dessins, lenfant exprime très bien quil rêve beaucoup, mais quil ne dispose pas encore des facilités de la langue pour dire ce quil rêve. » Or le rêve nest pas équivalent au dessin, tant manque au dernier lintentionnalité discursive du premier.Cet ouvrage transmet une direction permettant de renoncer à la Tempête imaginaire, dont Shakespeare dirait quelle ne vise quà « empocher fallacieusement le dire » de lAutre.