En France, lÉglise catholique semble seffondrer ; les églises se vident et les prêtres sont de moins en moins nombreux. Le nombre des baptisés lors des fêtes pascales fait illusion car, en même temps, celui des catholiques quittant leur Église est bien supérieur. Les causes en sont variées si lon en croit les commentateurs. Joseph Ratzinger, futur pape, voyait dans « Mai 68 » et le bouleversement qui sen suivit la cause principale de léloignement du catholicisme. On a évoqué aussi la société de consommation et des loisirs, la libération sexuelle et même... le concile Vatican II !
Et si la cause de leffondrement tenait à ce qui touche les fondations ! Pour en juger, imaginons quen notre siècle, un État ou une Institution internationale fonctionne avec, comme référence, une « constitution » remontant à 1700 ans. Impossible ! dirait-on. Et pourtant, les diverses Églises chrétiennes vivent toujours, avec comme base théologique, le Symbole dit de Nicée composé en 325, lors dun concile réunissant quelque 250 évêques à linvite de lempereur Constantin.
Peut-on vraiment, au XXIe siècle, dire notre foi avec des concepts philo-sophiques et religieux de femmes et dhommes du IVe siècle. Par exemple, pouvons-nous croire à la création de lunivers par une décision de Dieu ? Le monde à trois étages (Ciel de Dieu, Terre des vivants et Enfer des morts) ne peut nous paraître que mythologie. Devons-nous rester définitivement figés à ce passé, à ce vocabulaire, à ces notions philosophiques (consubstantiel au Père) ?
Alors, que faire du Credo de Nicée devenu incroyable ? Le ranger dans les antiquités ? Le garder et nen rien changer car il exprimerait une vérité éternelle ? Or, ce Credo nest pas tombé du ciel. Il nest pas l½uvre de Dieu ou de lEsprit Saint : il est ½uvre humaine et donc périssable. Ce qui a été décidé et fait par des humains peut être aboli et recréé à neuf. Rude tâche qui nest pas sans risques ! Il y va de la pérennité du message évangélique.