Comment les Rimèd razié utilisés par les anciens (gran moun), ces éléments de la flore des Antilles et de la Guyane employés comme plantes médicinales sauvages pour soulager, guérir, maintenir en bonne santé, préserver des maléfices, sont-ils devenus ces recours exclusifs ou, plus récemment, adjoints à la médication allopathique ? Comment, de « guérisseurs », selon des pratiques empiriques efficaces, savamment transmises de génération en génération, ces éléments de la flore constituent-ils de nos jours un potentiel exceptionnel de valorisation dune biodiversité remarquable ? Comment aussi ces entités de la flore native ou introduite au fil des temps (de lère précoloniale à lactuelle) sont-elles devenues des marqueurs de la quête dexpression et de reconnaissance identitaire de nos sociétés antillo-guyanaises ?
Cet ouvrage fait suite à une journée publique détudes, organisée par le laboratoire de recherche universitaire AIHPGÉODE de luniversité des Antilles et de la Guyane. En choisissant de réunir des points de vue dhorizons différents, il rappelle que le travail scientifique ne peut se passer ni de regards et dapproches complémentaires, ni déchanges avec un large public.
Ce numéro 9 de Terres dAmérique rassemble la contribution dhistoriens, de spécialistes des sciences expérimentales sur les plantes aromatiques et médicinales (PAM). Il laisse aussi la parole à des acteurs qui se sont fortement impliqués dans la défense et la valorisation de ces plantes dans les territoires antillo-guyanais, tels que Michel Grandguillotte, Jacques Portécop, Edouard Bénito-Espinal et, plus récemment, Emmanuel Nossin et Henry Joseph qui, aujourdhui encore, sont pleinement engagés dans la défense et la valorisation de ce riche patrimoine naturel et socio-culturel.