En France, la justice est rendue « au nom du peuple français ». Cet essai prétend donc questionner ce qui peut apparaître comme un paradoxe : les citoyens français nont jamais été autant en demande de justice, alors que, dans le même temps, la justice na jamais été aussi malmenée et éloignée deux. Il existe en effet un décalage, devenu abyssal, entre ce que la justice devrait être et les représentations que lopinion publique sen fait. Cest dans ce chaos général, savamment entretenu par la cohésion complice de certains acteurs publics et dune certaine presse, que limage de la justice est quotidiennement écornée, au point den devenir décrédibilisée aux yeux des Français. Malheureusement, de nombreux acteurs de la justice, bien que confrontés à sa paupérisation, prêtent aussi le flanc à des réformes qui senchaînent et qui sont désormais presque toutes animées par le seul souci déconomie des fonds publics. Le résultat, inexorable et incontournable, est lépuisement de ses acteurs et, plus grave encore, la perte progressive du sens originel de leurs missions. Prisonnière dune bureaucratie comptable déshumanisante, elle retire peu à peu tout sens et toute idée dagir au mieux de lintérêt public, devant. Pire, elle est génératrice dune maltraitance générale institutionnelle qui touche ses acteurs autant que les citoyens. Du dévoiement de la présomption dinnocence par le pouvoir politique ou le tribunal médiatique, au retour à des ersatz de justice primitive, en passant par le développement effréné des modes de réponse extra-judiciaires, linjonction paradoxale à laquelle est livrée la justice est sans précédent et la dirige tout droit vers un burn-out déjà ressenti. Cet ouvrage, accessible à tous les lecteurs qui veulent comprendre les enjeux politiques et sociologiques de la justice, nen est pas moins basé sur des analyses objectives du droit perçu comme une science humaine qui éclaire et façonne lorganisation de la vie démocratique dans la cité.