Cet ouvrage porte sur létat actuel de léducation dans certains pays ayant autrefois connu la Traite esclavagiste entre lAfrique, les Amériques et lEurope. Quen est-il aujourdhui, bien après les abolitions et les décolonisations, de cette conscience que les peuples ont acquise deux-mêmes, et des changements de regards et de sociétés quils en attendaient ?
On doit constater que lempreinte laissée par les anciens dominants reste durablement inscrite et conditionne encore nombre de préjugés tenaces, de falsifications ou de malentendus. Cela se lit dans les programmes scolaires, mais tout autant dans la vie quotidienne, dont les besoins ou les désirs sont « éduqués » par un ailleurs.
Loriginalité de cet ouvrage, grâce à la diversité de ses contributeurs, est dexposer des champs très différents dans lesquels sinduisent encore insidieusement des formes de domination. La plupart des contributeurs historiens, littéraires, anthropologues, juristes, sociologues, géographes sont eux-mêmes des témoins directs de ce quils analysent, étant souvent confrontés à ces savoirs et modes de vie qui prétendent façonner leurs identités.
Toutefois, il existe aussi des formes de résistance culturelle efficaces qui constituent des alternatives aux situations actuelles, par la lecture dune autre histoire, la réappropriation des langues coloniales par les peuples et les littératures, ainsi que par une reconnaissance juridique, bien que sans doute trop lente.