Depuis les années 1960, des défunts palestiniens disparaissent, sont sommairement enterrés dans les « cimetières des nombres » ou gardés à la morgue. Ces morts sont des fedayin, des martyrs hommes ou, plus rarement, femmes ayant conduit des attentats, ou des personnes tuées par erreur. Leur détention post-mortem et leur retour en terre relèvent dune économie de linimitié, guerrière, et dune extension sans fin dune toile carcérale sur les Territoires palestiniens. Leur mobilité, les lieux densevelissement, les traces quils laissent dans lespace public sont autant de marqueurs frontaliers.