Comment raconter l'indicible ?Fin de la guerre. Le temps des combats s'acheve. Un nouvel espoir se leve. Mais comment vivre aupres de ceux qui n'ont ni vu ni vecu les souffrances et la mort au quotidien ? Peut-on se consacrer a l'avenir en laissant les fantomes du passe derriere soi ?Autant d'interrogations que nous livre Marie Geffray, dans ce recit sur la vie d'apres-guerre. Dans un style sobre et puissant, l'auteur nous entraine au plus profond du c ur des hommes... Vers un retour a l'humanite ?Plongez dans ce roman historique et decouvrez un recit bouleversant qui, en se penchant sur l'une des periode les plus sombres de l'Histoire, entraine le lecteur au plus profond du coeur des hommes.EXTRAITLe repas est termine. Je suis un homme comble. Emile est a cote de moi ; il somnole a moitie. Nous pourrions discuter, maintenant que nous sommes repus, echanger quelques mots, en hommes bien eleves, peut-etre meme argumenter sur un sujet. C'est encore au-dessus de nos forces. Notre reeducation n'en est qu'a ses debuts. Il faut nous laisser le temps. La digestion nous entraine dans une sieste de brute, sans cauchemar cette fois. Je n'ai pas encore retrouve ma conscience, et pourtant, je me sens presque heureux.La convalescence continue. Jusqu'ici me manquait la force necessaire pour me trainer jusqu'aux sanitaires autrefois reserves aux soldats, dont nous beneficions maintenant de l'usage. Les vetements me collent comme une seconde peau. Je m'etais habitue a leur douceur poisseuse. On nous a distribue de nouveaux vetements : des restes de stock, des habits uses, dont on ne connait pas la provenance, mais dont l'etat est en tous les cas meilleur que l'uniforme des detenus mille fois bricole avec des bouts de chiffon. Autre luxe : ces vetements sont propres. J'ai herite d'un pantalon trop grand ; une ficelle permettra de l'ajuster. On m'a aussi offert une veste marron aux coudes uses, mais qui convient a ma taille : je la mettrai par-dessus ma chemise qui part en lambeaux et mon paletot mille fois rapiece. Peut-etre, enfin, cesserai-je d'avoir froid, surtout si j'ajoute a ce costume une longue ceinture de laine decoupee dans notre ancienne couverture. Emile m'en a montre l'exemple : le tissu chaud lui enveloppe le ventre et, tout en le protegeant des coups de froid, l'empeche de trop souffrir des multiples problemes digestifs qui nous martyrisent depuis notre arrivee au camp.CE QU'EN PENSE LA CRITIQUELe style est precis et efficace, d'une irreprochable sensibilite. - Christophe Giolito, Lelitteraire.comA PROPOS DE L'AUTEURNee en 1980, Marie Geffray a suivi des etudes de lettres: elle a redige une these de doctorat sur les ecrits et les discours d'Andre Malraux et Charles de Gaulle. Agregee de lettres modernes, elle cherche a transmettre aupres des plus jeunes sa passion pour la litterature. C'est aussi cette volonte de faire aimer les livres qui la pousse a ecrire pour les adolescents.